10/07/2006

Retour sur terre...

Cette note est attendue, je le sens...

Ma déception est à la hauteur de mon angoisse pendant les heures qui ont précédé ce match: énorme. Arriver en finale de la Coupe du monde, après un si beau parcours, et perdre, de cette façon là, est très difficile. Les larmes de Thuram hier soir furent un coup de poignard de plus dans le coeur des supporters des Bleus. Et que dire de Zizou, l'icône, finissant sa carrière sur la pire des notes, là où l'on rêvait, pour lui, d'une sortie flamboyante. Qu'importe. On ne brûlera pas l'idole...

Le football, comme toujours dans des matches à ce niveau, ne tient pas à grand chose. Le destin bascule d'un côté ou de l'autre, choisissant de maudire ceux qu'il a chéris (Trezeguet...). Après deux défaites, ces dernières années, dans ces matches couperets, les Italiens ont pris leur revanche. La roue tourne, alimentée par la glorieuse incertitude du sport. On pourra s'en vouloir, bien sûr, de ne pas avoir saisi notre chance, au cours d'une deuxième mi-temps et de prolongations où le match semblait à notre portée, tant les azzuri semblaient physiquement en dedans. Mais avec une tête de Luca Toni sur la barre en première mi-temps, les Italiens auraient eux aussi pu nourrir des regrets si l'issue de cette finale ne leur avait pas été favorable.

Plutôt que la tristesse, inévitable (au même titre que ma désormais traditionelle déprime post-Coupe du monde..) on retiendra la joie que cette équipe de France nous a apportée.

Les Bleus n'étaient pas attendus à ce niveau il y a encore quelques semaine. La France, cette vieille nation peu en phase avec son époque, aux dires de certains (Baverez pour ne citer que lui), a retrouvé un peu de son lustre, un an après avoir perdu les JO aux dépens des Londoniens. Elle a montré au monde qu'elle était toujours là, prête à se battre avec des valeurs qu'on ne lui soupçonnait pas (humilité, solidarité...).

Cette équipe de "vieux", enterrée avant un match contre le Togo, a, le temps de quelques semaines, redonné le sourire à un pays qui en avait besoin, poussant les gens dans la rue, rassemblant générations et classes sociales dans une irrépressible envie de faire la fête. Après la constitution Européenne, le CPE, nous avions besoin de ça. En créant des discussions dans les cafés du coin ou chez les buralistes, cette équipe de France a aidé à la recréation d'une forme de lien social. Elle nous a, quelque part, redonné le droit d'être fiers de nous...

La flamme est toujours là, et c'est le plus important. Ca faisait longtemps qu'on avait plus vibré comme ça. Alors...merci les Bleus...