25/06/2006

Terry Pratchett "Les annales du Disque Monde"

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Il fallait bien un jour que je me décide à rendre un hommage appuyé à l'un des plus brillants auteurs de science fiction de sa génération: Terry Pratchett. L'homme n'en est, aujourd'hui, plus à son coup d'essai. Ses "Annales du Disque-Monde" comportent plus d'une vingtaine de volumes, tous plus drôles les uns que les autres. Pour les amoureux d'heroic fantasy (Lord of the Rings, Elric, Cycle de Pern etc...), l'anglais est plus qu'une référence. Il prend un malin plaisir, tome après tome, à passer à la moulinette tous les classiques du genre, se permettant même une revisite des classiques Shakespearien dans "Trois Soeurcières".
L'univers de Pratchett, ce fameux Disque Monde, plateau porté par des éléphants jonchés sur le dos de la tortue A'tuin, regorge de surprises et de personnages merveilleux. Rincevent, le magicien sans pouvoir magique, Cohen le Barbare, presque sénile, ou Mémé Ciredutemps, sorcière au caractère bien trempé, voici quelques uns des héros que l'on prend plaisir à voir évoluer. Répliques qui tuent, talent pour conter des histoires abracadabrantes, Pratchett nous envoûte livre après livre, construisant sous nos yeux un univers cohérent (ou pas, c'est selon) et passionnant.
Assez peu connu chez nous, l'anglais est cependant maître en son royaume. Les habitants de la perfide Albion (comme j'aime cette expression) l'ont ainsi élu personnalité de l'année en 2003.
Notons quand même la qualité hallucinante de la traduction de Patrick Couton. Pas une mince affaire quand on connaît la propension de Pratchett pour des jeux de mots que l'on imagine intraduisibles...
 
Editions l'Atalante (à Nantes !). Quasimment tous les tomes sont conseillés, mais commencez par les premiers (tant qu'à faire...). 

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25/05/2006

Michel Houellebecq "La possibilité d'une île"

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Tout le monde connaît Houellebecq. Son côté provoc, la désinvolture du personnage, sa mysoginie supposée, le buzz qui précède la sortie de chacun de ses bouquins...
Houellebecq ne fait pas dans le consensuel. Et vend. Beaucoup.
Son nouvel éditeur, Fayard, n'a d'ailleurs pas hésité à le débaucher à la concurrence (en l'occurence Flammarion) pour la modique somme d'un million d'euros, puis à orchestrer une campagne marketing sans précédent (manuscrits distribués à la presse au compte-gouttes...) pour s'assurer du succès de son dernier bouquin, "La possibilité d'une île".
On aime ou pas le personnage, ses idées décalées ou arrêtées. Avec "la possibilité...", pas de surprise. Ceux qui ont aimé les "Particules...", "Extension..." ou "Plateforme" aimeront. Les autres peuvent passer leur chemin.
Car Houellebecq fait, une fois encore, ce qu'il sait faire de mieux: du Houellebecq. Il ressasse ses thèmes de prédilection (le rapport au sexe, les inégalités face à celui-ci, le désoeuvrement de l'homme moderne...). Si ceux-ci sont de prime abord racoleurs, on ne peut enlever à l'auteur le mérite de les aborder autour d'une vraie reflexion.
"La possibilité...", conte l'histoire de trois Daniel. Daniel1, Daniel24 et Daniel25. La même personne, ou presque, à trois époques différentes, les deux derniers étant les "descendants" du premier.
L'amour, le désir,...le sexe. Les thèmes sont connus. Mais ils sont abordés ici avec un semblant de poésie qu'on ne connaissait pas à l'auteur (mais qu'on soupçonnait fortement quand même).
Le récit (500 pages quand même), est agréable et intéressant, surprenant dans les tournures qu'il prend lorsque vient à être abordé le noeud de l'intrigue: la vie eternelle et les rapports de Daniel1 avec la secte des Elohim (lointains cousins des raeliens, dont on sait que Houellebecq les a un peu fréquenté).
Nous est ainsi exposée la chute de l'humanité, et l'avènement des néo-humains...
"La possibilité..." est inconstestablement l'oeuvre la plus poétique de houellebecq, à défait d'être la plus originale. Une habituelle plongée reflexive en enfer, dont on ressort tourmenté. Il faut lire, au moins une fois dans sa vie, un Houellebecq, pour comprendre la portée de ces mots. A bon entendeur...
 
8/10
 
Fayard, 2005 

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21/04/2006

Alessandro Baricco "City"

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L'auteur de Soie (220 000 exemplaires) est, à l'instar de Gould, le personnage principal de City, un petit génie.
Celui de Baricco s'exprime dans cette incroyable créativité, cette faculté à inventer et mêler les histoires, à perdre le lecteur pour mieux le retrouver, dans cet art du dialogue et des répliques qui tuent.
Gould, 13 ans, est, lui, un petit génie un peu solitaire. Amateur de football (tiens tiens), il s'improvise aussi commentateur de matches de boxe dans ses toilettes. Il est toujours flanqué de ses deux complices terribles, Poomerang (muet), et Diesel (un géant).
Shatzy, elle, est une autre rêveuse, plus âgée. L'oeuvre de sa vie tient dans un western, qu'elle imagine jour après jour. Leur rencontre va changer leurs vies. Tous les deux vont se protéger, et s'aider à rêver.
City est un incroyable bouquin. De western en matches de boxe, de l'université à l'armée en passant par une description sublimissime des Nymphéas (tableau de Monet) ou du but (de foot) rêvé, le lecteur est plongé dans un maelstrom furieux. Un puzzle difficile à comprendre au départ, mais qui révèle ses subtilités et ses secrets à qui voudra bien s'accrocher. Ce livre le mérite, tant il est attachant (comme ses personnages) et marquant.

Note: 8/10

Folio, 2001

16:40 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

07/04/2006

La Quête de l'Oiseau du Temps

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La quête de l'Oiseau du Temps est une BD en quatre (voire cinq) tomes. D'inspiration fantasy, cette série à l'esthétique si éblouissante est dessinée par un maître en la matière, Loisel, par ailleurs auteur du splendide Peter Pan dont le dernier tome est sorti l'année dernière.
La quête... est l'aventure du chevalier Bragon, héros à la retraite, que le soricère Mara va tout faire pour remettre au boulot. Accompagné de Pélisse et du mystérieux inconnu, la petite bande va braver les dangers d'un monde à l'orée du chaos. Les défis, nombreux, vont aider les personnages à se découvrir, et le dessinateur à s'éclater. Ce qui est intéressant ici, c'est que l'on sort de la traditionnelle dychotomie bien/mal propre au genre. Les personnages sont psychologiquement riches et plein de surprises, le scénario est magnifiquement ciselé, faisant appel à une mythologie très poétique.
Les héros marchent vers l'origine du monde ou la fin des temps, la folie peut être. Et nous de les accompagner, emerveillés par ce monde si particulier...
 
Note: 8.1
 
Dargaud 

22:25 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

27/03/2006

V pour Vendetta

Le moment est venu de parler de V pour Vendetta. Tout simplement parce que le film sort au cinéma dans les prochaines semaines, précédé d'une sulfureuse réputation.
A l'origine, V est une superbe bande dessinée, et c'est bien de cela que je viens vous parler, avant qu'un film peut être raté ne vienne saloper sa réputation.
V pour Vendetta, c'est l'histoire inoubliable, dans un futur proche ou lointain, d'une Angleterre tombée sous le joug du fascisme. Seul au sein d'une population soumise et disciplinée, V est un terroriste intelligent et inspiré (pour la petite histoire, son masque reprend les traits de Guy Fawkes, cet anglais qui tenta en 1605 de faire sauter le Parlement), bien décidé à tout tenter pour faire sauter le régime. Il s'attaque donc aux symboles du régime avec un sens de la mise en scène (et des discours) stupéfiant. Personnage charismatique et mystérieux, V est au centre de l'oeuvre. On ne sait rien de lui, et surtout pas qui il est, ou ce qu'il est. La vengeance, la quête de justice, sa volonté de conserver la culture sont ses mobiles, servis parfois par des moyens douteux. Et c'est bien tout ce qui fait l'intérêt de cette histoire. Alan Moore, scénariste de génie, a pris soin de ne pas tomber dans les caricatures. Ses personnages ont une vraie richesse psychologique. Ils ne sont ni noirs, ni blancs, mais faits de mille et unes nuances de gris. Les méchants font parfois pitié, et l'on trouve parfois V bien cruel ou inhumain. Les questions que l'on se pose sur son identité réelle, ses motivations, ses agissements, finissent, au fil des pages, par trouver des réponses.
Le scénario est d'une richesse incroyable, qui impose lectures et relectures. Alan Moore nous y dévoile son exceptionnel talent de conteur et de metteur en scène (il suffit de jeter un coup d'oeil à la façon dont sont structurées les pages, les vignettes, à tel point qu'on se demande comment un metteur en scène au cinéma pourrait tourner à partir de cette base sans dénaturer la profondeur de l'oeuvre, sauf à reprendre la mise en scène telle quelle...). Un talent qu'on a déjà aperçu dans les Watchmen, notamment, autre oeuvre mythique de cet artiste de génie. Pour ne rien gâcher, les dessins de Lloyd collent parfaitement à l'atmosphère des textes, très sombres.
400 pages (ça ne se lit pas en une demie heure comme un Tintin...) totalement immersives, dont on ressort bouleversé. V est un petit chef d'oeuvre.
 
Note: 9/10
 
Delcourt, 1999

12:20 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

08/03/2006

Nick Hornby "Haute Fidélité"

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Haute Fidélité est un sacré roman.
Nick Hornby, londonien de son état, se révéla au grand public dans "Carton Jaune", où il nous contait de manière drôle et cynique, la vie d'un supporter d'Arsenal (le livre à lire pour tout fan de foot qui se respecte...enfin pour ceux qui savent lire des livres).
Haute Fidélité, donc, est son deuxième roman. En plein coeur de Londres, Rob tient un magasin de disques. Amateur de pop, il est incollable sur sa passion et passe son temps, avec ses deux potes, à établir des top 5 en tous genres. Les 5 slows qui tuent, les 5 chansons les plus tristes de tous les temps etc... le livre commence d'ailleurs là dessus, sur le top 5 de ses relations amoureuses (ratées). Car Rob est tout seul, il vient de se faire larguer par Laura, et il en veut à la terre entière.
On suit ses pérénigrations avec une certaine tendresse, lui qui refuse clairement de grandir, qui vit dans ses disques et ne comprend rien aux filles.
L'occasion pour l'auteur de faire passer de nouveau son art consommé du cynisme et de la répartie qui tue. Le tout enrobé de façon drôle et accrocheuse, et plutôt pas trop mal écrit (même si le top reste bien évidemment de lire la chose en anglais).
Un livre facile à lire, bien dans son époque, attachant et convaincant. Les romans que l'auteur à sorti par la suite ("La bonté mode d'emploi"...) se révéleront, à mon sens, moins bons.
Mais rien ne vient enlever le plaisir procuré par la lecture de ses deux premiers bouquins.
 
7.4/10
 
10/18, 1997 

18:15 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

06/03/2006

Jirô Taniguchi "Quartier Lointain"

Taniguchi est un auteur à part dans le paysage du manga japonais. D'ordinaire peu réceptif aux mangas, il m'arrive, de temps à autres, de tomber, sur la foi de conseils avisés, sur une oeuvre exceptionnelle.
C'est le cas avec "Quartier lointain". Taniguchi nous y conte l'histoire d'un quarantenaire qui revit l'année de ses quatorze ans. Sur la base de cette simple idée, l'auteur nous envoute littéralement, nous adressant une invitation au voyage, à la rêverie. Les questionnements de son personnage principal deviennent aussi les nôtres, notamment ses doutes et ses interrogations sur le rapport au temps qui passe et sur le poids de la destinée.
Toute la force de Taniguchi est ici d'esquisser, de suggérer, plutôt que d'imposer.
Deux tomes plus loin, on sort d'une oeuvre originale, fantastique, et marquante.

Note: 8/10

Casterman, 2002

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26/02/2006

Astérix "Le ciel lui tombe sur la tête"

Un petit billet pour parler, rapidement, du dernier album d'Asterix, sorti début décembre.

Exercice difficile que celui de s'attaquer à une légende. Et pourtant... Comme quasimment tout le monde, j'ai dévoré les aventures d'Asterix, petit. En grandissant, je ne les ai que davantage appréciées, notamment pour la splendeur des dialogues de Goscinny, et pour ses jeux de mots inspirés.

Une tendresse toute particulière, donc, pour ce héros de notre enfance, et pour ce qu'il représente, en France comme à l'étranger. Astérix, comme Tintin, fait partie du patrimoine mondial de la bande dessinée.

Il faut avouer que les derniers albums parus, dans l'ensemble, nous laissait sur notre faim. Sans Goscinny, Uderzo perpétuait un style graphique particulier. Mais les scénarios et les dialogues avaient clairement perdu de leur mordant. Rien, pourtant, ne laissait présager la catastrophe de ce dernier album, "Le ciel lui tombe sur la tête". Le scénario, ici, n'a plus rien à voir avec les merveilles d'antant. Des guerriers cosmiques envahissent la Gaule, donnant lieu à des planches entières de combats mangaïsés. L'univers si particulier d'Astérix est dénaturé, et les planches s'enchaînent sans rien apporter.

Le pire, c'est ce sentiment si particulier qui nous envahit à la lecture de l'album. Une vraie tristesse, l'impression de voir s'effondrer un pan de nos souvenirs. On en vient presque à ne pas avoir le courage de finir. Et de finir par se demander, si le ciel n'est pas tombé sur la tête d'Uderzo, qui clôt cette formidable épopée sur la plus mauvaise des notes...

Note: 1/10 (qui aime bien chatie bien...)

Dargaud, 2005

23:55 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

07/02/2006

Les aventures de Lapinot

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Lewis Trondheim est un personnage atypique de la nouvelle scène des dessinateurs de bandes dessinées. Venu au milieu sur le tard, il se distingue des autres par un trait (de dessin) particulier, presque enfantin. Et pourtant, ses "limites" n'empêchent pas l'auteur de faire passer dans ses oeuvres de véritables émotions ("La vie comme elle vient", dernier tome paru), de vraies reflexions ("Pour de vrai", "Amour et Interim"), et un humour absolumment irrésistible ("Slalom").
Pour sortir d'Astérix et Tintin, passer à une bande dessinée très en prise sur le monde actuel, ou plus simplement pour le plaisir, je ne peux que vous recommander la lecture des aventures de Lapinot. Plaisir garanti...
 
Note: 9/10
 
Dargaud, 1997-2005 

14:50 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

16/01/2006

Amélie Nothomb "Acide sulfurique"

Amélie Nothomb... Malgré le côté un peu "populaire", je suis amoureux de l'écriture de la petite belge a la popularité de rock star, de son style envolé et cultivé, de sa vie de globe trotteuse... Je rêve d'ailleurs de l'interviewer un jour via ce blog (si quelqu'un a son adresse mail...).

Le dernier né s'appelle "Acide Sulfurique". Il s'agit du douzième roman d'Amélie. Elle nous expose tout simplement ici la fin du monde, le jour où l'escalade télévisuelle nous aura définitivement fait basculer dans l'horreur. Le principe ? Une nouvelle émission de télé-réalité diffuse la vie de prisonniers choisis au hasard et leur agonie dans un camp de concentration. Le public vote pour savoir qui sera le prochain executé.

Comme toujours avec A.N, ça se lit bien, voire très bien. Le problème ici, c'est que j'ai eu l'impression désagréable que ça n'allait pas assez loin. Le concept est bon, aurait pu être intéressant, même si un peu "déjà vu" (les dérives de la télé-réalité, le voyeurisme du public). Mais je suis resté sur ma faim. Tout ça est traité trop vite, les personnages manquent de profondeur (pour ne pas dire qu'ils sont parfois un peu caricaturaux) et n'ont pas le charisme de biens d'autres héros d'Amélie, on est à la limite du cliché par moments (spécialement dans les dernières pages).

Ce qui fait que bizzarrement, on ne retient du livre que l'idée, et pas grand chose d'autre. Dommage. Gageons que 2006 sera l'année de notre Amélie préférée.

Note: 5/10

Albin Michel, 2005

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20/12/2005

Bret Easton Ellis "Les lois de l'attraction"

Deuxième roman de l'auteur du cultissime "American Psycho" et de "Lunar Park" (tout récemment sorti en France), "Les lois de l'attraction" nous plonge dans l'univers d'étudiants friqués et désoeuvrés, qui comblent le vide de leur existence par le sexe, l'alcool et la drogue. Ambiance rock n'roll où prénoms et conséquences ont finalement bien peu d'importance. L'écriture de Bret Easton Ellis est froide et cynique, autant que les personnages du livre. Dans la lignée des autres livres d'Elllis. La thématique reste la même, mais l'on change d'univers.

Un choc qui a bénéficié, c'est assez rare pour être signalé, d'une adaptation cinéma plus que correcte.

Note: 8/10

10/18, 1987

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Amélie Nothomb "Métaphysique des tubes"

 

Amélie Nothomb nous livre ici, comme souvent, une part autobiographique de sa vie. Pas n'importe laquelle, cependant, puisque celle ci touche seulement aux trois premières années de la vie le romancière belge.
Dieu (c'est ainsi qu'elle se définit au cours de quinze splendides premières pages) naît au Japon d'un père ambassadeur pour la Belgique. Elle y découvrira quelques uns des éléments qui marqueront sa vie: le chocolat, une nourrice qui la vénère, les carpes, et un pays, surtout, qui la marquera à vie. Au point qu'elle ira jusqu'à tenter de se suicider au lieu de le quitter, et qu'elle y reviendra, bien plus tard, dans le cadre de son premier boulot (expérience qui fait l'objet du très bon "Stupeur et Tremblement").

Métaphysique des tubes constitue, avec peut être "Mercure" et "Biographie de la Faim", l'une de mes oeuvres préférées de la romancière. Le style est recherché, enlevé, agréable et accessible. La perception du monde offerte ici, celle d'une gamine de trois ans, est désarmante. A tel point qu'on finit nous aussi, au travers de ses yeux, par tomber amoureux du Japon.

Un dépaysement salutaire.

Note: 8/10

Livre de Poche, 2000

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Milan Kundera "L'insoutenable légereté de l'être"

 

Difficile de parler de l'oeuvre de Milan Kundera...
"L'insoutenable légèreté de l'être" est un formidable livre, d'une rare intelligence. L'auteur (un tchèque déraciné) nous conte la vie de quatre personnages un peu perdus et singulièrement attachants, et en profite pour esquisser la sienne, dressant des ponts entre la France et la République Tchèque. On est pris dans ces fragments de vies d'une justesse incroyable et on se découvre presque une autre façon de penser. Une oeuvre véritablement marquante.

Note: 9/10

Folio, 1990

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15/11/2005

Naomi Klein "No Logo"

Naomi Klein est journaliste au Globe and Mail, quotidien de Toronto. "No Logo" est le résultat d'une enquête minutieuse. L'auteur nous y présente les conséquences du "branding", de la réduction du choix (développement des châines face aux commerces de proximité, impact du marketing sur nos subconscients), du développement de l'intérim (les macjobs), de l'exploitation d'une moitié du monde dans les "sweatshops", et nous présente la résistance, les moyens d'action, les solutions.
On en apprend à toutes les pages tant le livre est documenté (études et chiffres à l'appui).
Avec No Logo, Naomi Klein s'est imposée, à l'instar de Noam Chomsky, comme un des chantres de l'altermondialisme.
Un manifeste, qui aide à comprendre le monde dans lequel nous vivons. Devrait être déclaré d'intérêt public.
Note: 9/10
Babel, 2002

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14/11/2005

Jack Kerouac "Les Clochards Célestes"

Les "clochards célestes", l'un des bouquins qui ont marqué une génération (peut etre moins que "Sur la route" quand même). Une oeuvre largement autobiographique, sur les thèmes de l'errance, du vagabondage, de l'auto-stop, la recherche de la vérité, la liberté, le bouddhisme, au travers de rencontres hautes en couleur (Japhy...).
L'oeuvre est un dépaysement, un voyage fascinant au coeur des communautés spirituelles américaines au milieu des années 50-60. Les passages d'ascensions montagneuses, notamment, sont particulièrement splendides, avec ces alpinistes philosophes, c'est notre âme de lecteur qui s'élève.

Note: 8/10

Gallimard, 1974

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08/11/2005

Voltaire et Joan Sfar "Candide"

Candide, tout le monde connaît (j'ai même passé mon bac de français dessus...). On ne reviendra pas ici sur la nature humaine, la recherche du bonheur et la nécessité de "cultiver son jardin".
Dans cette édition, le texte est illustré par un Joan Sfar (comme toujours) au sommet de sa forme. Drôle, décalé, souvent pertinent, on ajoute le plaisir de découvrir les illustrations à celui de (re)découvrir l'oeuvre.
Un régal, qui donne envie de relire ses classiques (on trouve aussi "Le banquet" de Platon par le même auteur, enfin...illustrateur).

Note: 10/10

Bréal, 2003

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