07/11/2006

Une vérité qui dérange

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Ce film documentaire est un objet passionnant à plus d'un titre. Pour le fond et le propos, d'abord. Non pas qu'Al Gore nous y apprenne des choses à même de révolutionner notre conception du monde et du réchauffement climatique, tant il est vrai que les théories exposées ici ne sont que des reprises de celles agitées sous nos yeux depuis des années par une communauté scientifique que le grand public n'écoute pas (voire à cet égard la démonstration édifiante faite ici du traitement de l'information détourné par la presse people...), mais parce qu'une piqûre de rappel quant à l'état du monde et ce qui nous attend n'est pas superflue.
Sur la forme, ensuite. Le documentaire ne fait que reprendre le fil des conférences données par Al Gore au travers le monde depuis des années, mais en s'attachant à montrer le côté bête de scène et super-orateur de celui qui se définit lui même comme "l'ex futur président des Etats-Unis". Tantôt drôle, émouvant, cynique, assénant ses vérités avec une froideur implacable, s'ouvrant au public au travers d'anecdotes plus que personnelles, Al Gore est le personnage principal d'un film dont on finit par se demander s'il n'entre pas dans la catégorie dite "de campagne".
Si le propos de l'ex leader démocrate est louable, et que son influence peut aider à changer les choses, on ne peut s'empêcher de penser que celui là, peut être, à une idée derrière la tête. Réponse en 2008 lors des éléctions. En attendant, rien ne nous interdit de mettre en oeuvre quelques uns des bons conseils distillés au cours de cette "conférence" alarmante et nécessaire.

7.8/10

Paramount, 2006

20/09/2006

Président

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Autant l'avouer de suite, Président ne marquera pas l'histoire du cinéma. Même si le film est plaisant, que Dupontel nous y confirme tout son talent dans un rôle dans lequel on ne l'imaginait pas forcément, force est de constater que l'ensemble manque un peu d'originalité et qu'on y tombe parfois dans des clichés évitables. Le scénario, particulièrement, enchaîne les rebondissements prévisibles et les crises de grandiloquence inutiles.
Résultat? Un bon moment dont on ne retient finalement pas grand chose (le pouvoir corrompt même les hommes intègres? quelle nouvelle...).
A louer en dvd dans six mois...
 
Wild Bunch Production, 2006
 
6/10

07/06/2006

Le Caiman

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Le Caïman est le dernier film de Nanni Moretti. Un film polémique, sorti en pleine campagne législative italienne, qui s'attaque à la politique Berlusconienne.
Le Caïman, c'est d'abord l'histoire d'un producteur presque sur la paille, Bruno, dont la vie sentimentale part en lambeaux. C'est aussi l'histoire d'une jeune scénariste, Paola (sublime Margherita Buy) portée par l'espoir de réaliser son premier film. Leur rencontre, non amoureuse, sert de trame au film. Ce parti pris de Moretti, montrer la réalisation d'un film dans le film, permet à l'Italien de prendre du recul sur son propre film au travers des doutes exprimés par ses personnages quant à la pertinence de leur projet. Un film sur Berlusconi? Quelle utilité sinon celle de diviser plus encore deux moitiés d'Italie qui s'affrontent?
La première partie du Caïman passe doucement, entre recherches de fonds pour le financement du film et chemins de vie contés avec justesse et humour.
Puis les choses s'accelèrent. La tension monte au fur et à mesure que la réalisation du film (sur Berlusconi) prend forme et que celui-ci passe au premier plan de la trame narrative. Ceci est surtout marquant dans le dernier quart d'heure, au cours duquel Moretti reprend les commandes et interprète lui même un Berlusconi débarrassé de son humour grand guignol pour mieux révéler la froideur cynique et manipulatrice et la portée des mots du personnage. Dans ce dernier quart d'heure flamboyant, le film prend une dimension particulière, suscitant malaise et tension.
Pour Moretti, le coup porte enfin. Avec classe.
Le Caïman fait partie de ces films intelligents qu'on oublie pas. A consommer sans modération...
 
8.6/10
 
Bac Films, 2006 

Marie-Antoinette

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Une fois n'est pas coutume, ce billet sur Marie Antoinette ne passera pas par la case "...à voir...". Tout simplement parce que le dernier né de la trilogie de Sofia Coppola, après un très beau "Virgin Suicides" et un déracinant "Lost in translation", m'a un peu laissé sur ma faim... 

Non pas qu'il s'agisse d'un mauvais film. Loin de là. La touche Coppola est bel et bien là, et les inconditionnels se réjouiront de la présence toujours subtile de ces plages où le temps semble suspendu l'espace de quelques notes de musique (superbe morceau de Phoenix, notamment). Coppola fait toujours du Coppola et Kirsten Dunst, dans le rôle principal, confirme qu'elle est une excellente actrice, ce dont on ne doutait pas. 

La réalisation, dans l'ensemble, est d'excellente facture. Les décors sont superbes, les costumes splendides, Versailles renaît et resplendit sous l'oeil de la caméra. Les fastes de la cour, ainsi que les protocoles incessants et l'importance de l'"étiquette", sont très bien rendus. On se plaît aussi à sourire des réveils en fanfare de la jeune Autrichienne ou de ses nuits "torrides" avec son roi de mari. L'impression d'ensemble n'est donc pas désagréable.

Oui...mais voilà. Au delà du fait que le contexte historique ne soit qu'à peine esquissé (reproche qu'on l'on se gardera bien d'adresser à Sofia Coppola, qui avait prévenu que son oeuvre serait centrée sur la vie de Marie Antoinette), le film semble rester en surface. La trame scénaristique et dramatique est légère. Une aventure avec le comte Fersen, des déboires conjuguaux et c'est à peu près tout. Ce qui fait qu'on est quelque peu désabusé face à l'étrange linéarité se dégageant de la chose, et, surtout, qu'on en retire au final pas grand chose.

Pas une vraie déception, donc, mais on attendait mieux de Sofia Coppola. Sa trilogie inauguraule conclue, la fille de Francis Ford sera scrutée avec une évidente attention lors de la sortie de son prochain film...

Note: 6/10

Pathé Distribution, 2006

27/05/2006

OSS 117

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OSS 117 est typiquement le genre de films qui m'inspire au mieux de l'indifférence d'habitude. La présence de Jean Dujardin et le buzz autour de lui ne devant en théorie rien faire pour arranger l'affaire.
Et puis...l'on se découvre influencable. Quelques critiques bien senties dans des quotidiens ou revues que j'affectionne (toujours les mêmes: Les inrocks, Libé...) me poussent à m'interroger. Si même les critiques des Inrocks encensent le film...
Je me décide donc, avant hier, à pousser les portes de mon cinéma pas préféré de Nantes (pas la peine ici de jouer les chantres de la VO, ça se termine donc dans un gros complexe comme je les affectionne).
...
Là, je dois avouer que j'ai été agréablement surpris. Voire plus. C'est bien simple, j'ai passé une heure et demie à rigoler comme un petit fou devant la connerie monumentale du personnage principal. Misogyne, presque raciste, bourré de clichés coloniaux, bête, le héros est incarné à la perfection par un Jean Dujardin très crédible. Le scénario (une sombre histoire de disparition au Caire) est fin (plus dans le sens mince que rusé), prétexte à des situations toutes plus débiles les unes que les autres. Ce qui fait que j'ai passé, au final, un excellent moment. L'humour à la française, le retour de choses qu'on n'avait plus l'habitude de voir sur nos écrans (grâce au conformisme ambiant), OSS 117 est une belle surprise.
 
Note: 8.2
 
Pathé, 2006 

17/05/2006

Volver

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Volver est le dernier né de Pedro Almodovar, fantasque réalisateur espagnol auteur, entres autres, de "Parle avec elle", "Tout sur ma mère" ou "La mauvaise Education". Autant le dire tout de suite, je ne fais pas partie des fans inconditionnels du réalisateur Ibère.
Et pourtant, le tapage médiatique autour de Volver, présenté comme un gagnant potentiel de la Palme d'Or de cette année, a titillé ma curiosité au point que je me suis laissé entraîner.
Une fois devant le film, mes réticences se sont évanouies comme feu de paille. Comment aurait-il pu en être autrement? Pendant plus de deux heures, Almodovar nous enchante avec cette histoire de femmes issues des classes populaires qui se battent pour vivre. Humour et tristesse se cotoient dans un délicieux mélange des genres, pendant que la pupille se délecte de ces images superbement filmées, de ces couleurs splendides et de cet esthétique du kitsh si almodovarien.
Pendant deux heures, donc, on vit en Espagne. On vit avec les fantômes, on exulte, on est portés par cette chanson, qui nous arracherait presque les larmes des yeux.
Volver, réussite incroyable, film touchant et sensible, duquel les hommes sont étrangements absents. Et peut être est ce là un début d'explication.
Ruez vous au cinéma...
 
Note: 8.3
 
Pathé Distribution, 2006 

07/05/2006

V pour Vendetta

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V est donc inspiré de la bande dessinée du même nom, même si Alan Moore, scénariste de la dite BD, a refusé que son nom apparaisse au générique du film.
Ici, sur fond de dictature en Angleterre, c'est un souffle libertaire et un poil anarchiste qui se fait jour. Le film rend d'ailleurs à cet égard très bien l'esprit du livre. L'esthétisme du film est, à l'instar de l'oeuvre originale, d'une froide beauté.
On regrettera certains raccourcis (Larkhill est traité à la va vite, certains passages sont complètement absents) d'adaptation. Le ciné d'aujourd'hui ne supporte que très mal l'absence de rythme, certaines libertés sont prises par rapport au scénario original (notamment dans les scènes finales, peu fidèles et traitées grossièrement à l'américaine). Mais dans l'ensemble, l'oeuvre est agréable et respectueuse d'un certain esprit. Ne boudons donc pas notre plaisir.
Mention particulière à Nathalie Portman, très crédible en compagne-complice de V.
 
Note: 7.1
 
Warner, 2006 

01/05/2006

Le temps des secrets (par la Mouche)

L’homme a ses secrets que la raison ou la parole ne dévoilera peut être jamais ou alors difficilement. C’est ce qu’a tenté de nous dévoiler de la manière la plus simple Isabel Coixet, jeune réalisatrice et scénariste espagnole en herbe, la petite protégée d’Almodovar. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi, connaissant leurs cinématographies respectives.

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10/04/2006

Ken Park

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Alors que sort cette semaine dans les salles obscures "Wassup Rockers", son dernier film, l'occasion nous est donnée de revenir un peu sur Larry Clark. L'auteur du sulfureux "Kids" s'intéresse depuis ses débuts à la jeunesse américaine. Dans Ken Park, du nom du teenager qui se suicide dès le début du film, la réalisateur touche à la quintessence de ses obsessions. Il filme une bande d'ados fans de skate, fumeurs de joints et amateurs de baise. Le sexe, ici, prend une dimension paradisiaque, seule activité libertaire et libérée, comme en témoigne l'une des dernières scènes du film. Ken Park nous conte l'ennui, le désoeuvrement, l'échec des parents, l'absence, de tout.
Si le ciné de Larry Clark peut paraître cru (et il l'est), c'est bien là ce qui fait son intérêt. Une plongée en apnée dans une amérique comme on ne l'a jamais vu, à l'envers du rêve américain.
 
Note: 8/10
 
Pan Européenne, 2005 

Ken Park

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Alors que sort cette semaine dans les salles obscures "Wassup Rockers", son dernier film, l'occasion nous est donnée de revenir un peu sur Larry Clark. L'auteur du sulfureux "Kids" s'intéresse depuis ses débuts à la jeunesse américaine. Dans Ken Park, du nom du teenager qui se suicide dès le début du film, la réalisateur touche à la quintessence de ses obsessions. Il filme une bande d'ados fans de skate, fumeurs de joints et amateurs de baise. Le sexe, ici, prend une dimension paradisiaque, seule activité libertaire et libérée, comme en témoigne l'une des dernières scènes du film. Ken Park nous conte l'ennui, le désoeuvrement, l'échec des parents, l'absence, de tout.
Si le cinéma de Larry Clark peut paraître cru (et il l'est), voire choquant (scènes incestueuses rêvées ou vécues), c'est bien là ce qui fait son intérêt. Une plongée en apnée dans une Amérique comme on ne l'a jamais vu, à l'envers du rêve Américain.
 
Note: 8/10
 
Pan Européenne, 2005 

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