25/11/2006
Beirut "Gulag Orkestar"
Sorti il y a quelques mois, "Gulag Orkestar" s'est imposé immédiatement comme un objet à part dans ma discothèque. Tout simplement parce que l'album s'éloigne un peu de mon sacro saint tryptique electro-pop-rock.
Beirut est l'enfant d'un seul homme, Zach Condon, dix neuf ans à peine. De quoi coller des complexes.
Bien qu'américain, le jeune garçon semble venir tout droit des balkans, tant sa musique respire le folklore orchestral propre aux pays d'ex-Yougoslavie.
Quelques notes suffisent pour nous faire atterrir tout droit au milieu d'un film de Kusturica.
Dépaysante, festive, belle et triste à la fois, la musique de Beirut, jouée sans une once de guitare mais avec force trompettes et cymbales, embrase les âmes et les coeurs. A découvrir d'urgence, si ce n'est pas déjà fait...
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Joanna Newsom "Ys"
Sa voix enfantine et douce, ses compositions jolimment mises en abîme, tout concourrait à créer un climat particulier autour du disque. C'est bien simple. On aimait ou l'on detestait Joanna Newsom.
La belle a eu la bonne idée de ne pas changer, de ce point de vue au moins. Ys reprend ce beau concept de division des foules. Avec ses morceaux de neuf à dix minutes (5 au total), ses arrangements fins et cette voix qui bien que moins miaularde, ne contentera toujours pas tout le monde.
Pour ma part, j'adore. Joanna Newsom a cette facilité insensée d'inventer des atmosphères à la fois pesantes et merveilleuses, d'une mélancolie et d'une légèreté folles.
On évoquera rapidement les textes, toujours aussi "dégluingués" de la demoiselle, et toujours aussi difficiles à comprendre (le booklet s'avère une arme précieuse).
Rien toutefois qui ne puisse gacher notre plaisir, tant l'ensemble est lumineux.
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05/09/2006
Ellen Allien & Apparat "Orchestra of Bubbles"
Sorti il y a quelques semaines, "Orchestra of Bubbles" est un mix pertinent et cohérent de l'univers de ses deux créateurs. Le beat y est tranchant et inspiré, enveloppé de nappes sinusoïdales technoïdes ou pop aussi efficaces pour danser qu'agréables à écouter.
Aux frontières de tous les genres, "Orchestra of Bubbles" est un album qui se suffit à lui même. Parfois mélancolique, souvent planant, il a pour lui cet incroyable mérite de se suffire à lui même. Un album qui mérite bien plus qu'un coup d'oreille.
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28/06/2006
Arcade Fire "Funeral"
Funeral est un disque essentiel.
Essentiel car il fait partie de ses disques qui marquent leur époque et influencent leurs contemporains. Essentiel parce qu'il touche aux profondeurs de l'âme humaine, en en dressant une cartographie riche et subtile, des tourments à la rédemption.
Arcade Fire, groupe Montréalais, a donc réussi le tour de force de s'imposer avec un seul album comme le groupe du milieu de la décennie. Ses guitares soignées, ses arrangements délicats et puissants, et ses voix, ses voix qui donnent des frissons à chaque écoute...Arcade Fire maîtrise ses outils à la perfection.
Marqué par les décès dans l'entourage du groupe, la genèse de Funeral fut difficile. C'est cette particularité qui explique peut être la flamme que l'on sent sur le disque. Une flamme nourrie par une tristesse infinie, mais également par l'espoir. C'est cette dualité, cet équilibre constant, qui fait toute la force et le charme de Funeral.
Essentiel vous dis-je.
Note: 10/10
Rough Trade, 2004
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27/06/2006
Yeah Yeah Yeahs "Show Your Bones"
Moins brut de décoffrage que Fever... Show Your Bones est aussi plus accessible pour qui n'a pas peur des riffs décoiffant et de l'énergie pimale d'un groupe qui pratique la politique de la terre brûlée.
Car les Yeah Yeah Yeahs mettent le feu à tout ce qu'ils touchent. En bon new yorkais élevés à la sauce Sonique, ils pratiquent un rock sans concessions, nourri d'influences variées (on pense ainsi parfois aux Kills), délicieusement accrocheur.
Le single, Gold Lion, donne le ton. Les miaulements de Karen O et les guitares lascives annoncent la couleur d'un album qui ne laisse pas une seconde de répit à l'auditeur.
Prochaine étape, les voir sur scène...
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08/06/2006
Sonic Youth "Rather Ripped"
Tel le phoenix, Sonic renaîtra toujours de ses cendres...
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05/06/2006
Final Fantasy "He Poos Clouds"
He Poos Clouds est son deuxième album. Des cordes comme s'il en pleuvait, des atmosphères intimistes et des envolées lyriques, une voix douce et frêle, autant d'ingrédients qui font le charme de ce petit opus sorti de nulle part au printemps. On n'accroche qu'après quelques écoutes, mais le charme opère réellement, même si certains titres auraient mérités que l'auteur se "lâche" un peu plus.
Une très belle promesse...
19:20 Publié dans Disques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21/05/2006
Merz "Loveheart"
Conrad Lambert, alias Merz, avait disparu de la circulation il y a sept ans, après un premier album tout en douceur (judicieusement intitulé...Merz).
L'homme s'était perdu, dans les méandres d'un succès relatif qu'il n'avait pas préparé. Sept ans plus tard, revoici Merz, donc. Avec Loveheart, il vient nous dire qu'en chemin, son talent n'a rien perdu de sa grâce, et qu'il reste unique dans son aptitude à mêler une voix doucereuse et angélique à une musique à la fois sombre et pleine d'espoir. Porté sur l'électro, Merz cultive toujours son don pour les arrangements subtils et délicats, petites sucreries qui fondent en bouchent à l'attaque du printemps.
D'une genèse difficile, Loveheart surprend moins qu'il ne charme, instantanément.
En esperant qu'il ne faille pas attendre 2013 pour le prochain. Sinon, vous pouvez toujours redécouvrir "Merz", le premier album, qui n'a pas pris une ride depuis sa sortie.
Note: 8/10
Groenland, 2006
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03/05/2006
My Sonic love
Un billet en forme d'hommage à un groupe majeur, qui a énormement compté dans la construction de ma culture musicale. J'esquissais chez Sean dimanche un début d'histoire, que je me fais une joie de continuer ici. Le groupe en question n'est autre que Sonic Youth, quatuor new yorkais fondé en 1981, qui aura marqué trois décennies d'histoire du rock.
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01/05/2006
Cat Power "What would the community think"

Reste ce "What Would...", album de la naissance, ode à la mélancolie et à la folie, invitation au voyage intérieur, en la plus belle compagnie.
Les instants de grâce que sont "Nude as the News" ou "Water & Air" n'ont pas pris une ride. A (re)découvrir d'urgence.
Note: 9/10
Matador, 1996
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17/04/2006
Nathan Fake "Drowning In a Sea of Love"

Ce jeune anglais, ami de James Holden (par ailleurs propriétaire de Border Community, le label qui sort l'album dont je vous parle ici), fait pas mal parler de lui, à juste titre.
Drowning in a Sea of Love, c'est le nom de l'album (ce qui donne en français "Se noyer dans une mer d'amour"), semble être celui de la reconnaissance pour Nathan.
L'electronica y retrouve ses lettres de noblesse de manière éclatante. Album planant et atmosphérique, Drowning... est beau et captivant. Ses ambiances sont splendides et invitent à la rêverie, rappelant le meilleur de groupes aussi inspirés que M83 ou Boards of Canada. On souhaite à ce jeune artiste toute la réussite et la reconnaissance des premiers. Elle serait amplement méritée.
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12/04/2006
The Knife "Silent Shout"

Elevés à la sauce techno pour le petit frère et aux expérimentations Soniciennnes (décidemment...) pour la grande soeur, leur musique est faite d'ambiances sombres et minimalistes.
Synthés (qui ne sont pas sans rappeler les années 80), voix lourdes ou hauts perchées, enroulées en écho infini, beats tranchants et efficaces... On est charmé dès la première écoute, devant l'évidence tubesque de certains titres ("Like a Pen", "We share our Mother Health").
Pourtant, c'est dans les détails que se trouve la richesse de the Knife. D'écoutes en écoutes, les subtilités se découvrent, la profondeur se fait jour, le charme ne se rompt pas.
Silent Shout est un disque envoutant, qui augure de belles promesses pour la suite, qu'on espère rapide.
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05/04/2006
Iron & Wine "The Woman King"
Iron & Wine est originaire, si je ne m'abuse, de Tucson, comme ses camarades de Calexico. Les deux groupes ont d'ailleurs sorti un album ensemble l'année dernière, "In the Reins", que l'on peut qualifier de belle réussite artistique.
Iron & Wine est donc un groupe de sudistes, porté par le talent de Sam Beam, auteur-compositeur-interprète de génie. Plutôt folk, les morceaux de "The Woman King" sont des petites pépites de douceur qui s'écoutent sans faim et sans fin.
Six titres seulement pour cet album (que l'on pourrait qualifier d'EP en l'espèce) qui aurait pu être enregistré dans les années 70 tant est absente d'ici toute marque de modernisme, malgré une production quasi parfaite.
Banjo, piano, percussions, chant, c'est avec une formule sans chichis qu'Iron & Wine nous enchante.
Une évidence à l'écoute d'un morceau comme Jezebel (du nom d'une princesse phénicienne qui finit dévorée par des chiens...), l'une des plus belles ballades que j'ai entendu ces dernières années...
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28/03/2006
Elliott Smith, discographie

Américain découvert à Portland, Elliott Smith officiait au départ au sein du groupe Heatmiser, qui n'est pas passé à la postérité, loin de là. Las, il décide au bout d'un moment d'écrire et de composer pour lui même. Une excellente décision, pour lui comme pour nous...
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12/03/2006
Emilie Simon "Végétal"

Végétal est le deuxième album de la fille au dos de coccinelles. Il s'inscrit dans la droite ligne de son prédecesseur, l'éponyme "Emilie Simon". Soit une electro à la fois naïve et hantée, inspirée, et produite à la perfection. Végétal est un album bien nommé, puisque très organique. La musique d'Emilie vit et respire. On la croirait presque parfois sortie d'un film de Tim Burton (je me demande d'ailleurs si Danny Elfman n'a pas participé à la production de l'album...). Alternant les titres en anglais et en français, la petite française n'a pas son pareil pour créer les ambiances et envouter l'auditeur. Elle parvient même à nous surprendre, grâce à des compositions aux rythmes plus rapides comme "Rose hybride de Thé" ou "Fleur de Saison", elle impose sa patte et son univers.
Alors oui, quelquefois, on sent l'influence d'une Björk dans cette façon si particulière de souffler le chaud et le froid sur l'intimité de ses chansons. Mais on fait pire comme référence, et on aurait bien tort de se priver.
Grâce à sa princesse, l'electro à la française retrouve ses lettres de noblesse...
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05/03/2006
Pauline Croze

Une trajectoire limpide l'a amenée, en moins d'un an, à la sortie de son premier album, "Mise à nu" chez Wagram.
Des textes vivants, un brin féministes ("femme fossile"), touchants dans leur simplicité ("m'en voulez vous?"), des lignes instrumentales chaloupées, pleines de bonne humeur et surtout, surtout, une voix d'écorchée, à la fois féline et caline, naïve et subtile. Pauline Croze chante l'amour, ses envies, ses manques ("je ferai sans"), ses batailles ("jeunesse affamée") avec une fraicheur et une spontanéité qu'on avait pas entendu depuis longtemps.
De quoi redonner goût à la chanson française. Entre Pauline et Camille, le genre est en train de retrouver ses lettres de noblesse, après une forme de traversée du désert.
Vive les filles!
Note: 7/10
Wagram, 2005
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27/02/2006
Fiery Furnaces "Blueberry Boat"

Sur "Blueberry Boat", leur meilleur album, les chansons durent souvent sept à huit minutes (pour un total de 76 minutes...tout de même) et nous font voyager... Il n'est pas rare d'avoir plusieurs morceaux dans un même titre. Les Fiery maîtrisent le tempo, les ruptures, enchaînent les solos de pianos avec les envolées de guitares et synthés, et posent leurs voix ou on ne les attend pas. L'inspiration frôle le divin par instants, le surprenant toujours.
On a pas fini d'entendre parler d'eux. Tant mieux.
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24/02/2006
Love is All "Nine Times That Same Song"

Les Love is All sont suédois. Comme leur nom ne l'indique absolumment pas, leur préoccupation principale est...l'amour. Celui qui tient une place si importante dans la vie de tout un chacun. Celui qui s'espere, se raconte, se decrit, fait parler. Celui, surtout, qui inspire environ quatre oeuvres artistiques sur cinq (on ne se limitera pas ici au seul champ musical, pourtant très représentatif).
Ici, il inspire à nos amis nordistes dix chansons (et non pas neuf comme le titre de l'album aurait pu le laisser supposer). Dix chansons expédiées comme au meilleur temps du rock n'roll pixiesien, sur la foi d'un minimum d'instruments (guitare, basse, batterie, une voix féminine efficace, des choeurs, un saxo éventuellement), et d'un sens mélodique évident.
Presque du lo-fi, à ce niveau là, tant l'ensemble, joué urgemment (l'amour n'attend pas), tient avec pas grand chose.
Sorti en fin d'année 2005, "Nine Times That Same Song" est un disque qui porte en lui ses propres limites, peut être. Mais il est toujours agréable, plaisant, quand il ne touche pas au sublime comme sur "Make Out, Fall Out, Make Up" ou "Untitled". Apprendre à apprécier les choses simples.
Note: 8
What's Your Rupture, 2005
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18/02/2006
Ladyton "The Witching Hour"

Witching Hour, lui, est un condensé atomique d'electro clash, dopé aux synthés et aux voix hantées de Mira Aroyo et Helen Marnie. Un album explosif, rythmé, dansant, sorti d'une autre époque. "Destroy Everything You Touch" ou "International Dateline" sont exemples fracassants de ce que le groupe peut offrir au sommet de son art. Des titres accrocheurs, sombres (pour ne pas dire desespérés), empreints d'une certaine nostalgie.
Ladytron nous offre ici un son différent, propre et travaillé, à des lieues de la production electro contemporaine, mais tout aussi efficace.
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11/02/2006
Why? "The Elephant Eyelash"

Why? vire vers des univers poppisants, c'est sûr, mais il le fait en amenant son savoir faire, ses pinceaux, et son envie de tout réinventer. Le résultat est un petit chef d'oeuvre, un disque haut en couleurs, magnifique et addictif.
Note: 9/10
Anticon, 2005
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08/02/2006
Archive "Londinium"

1996. Dix ans déjà. Dix ans, et pourtant, Londinium n'a pas pris une ride. Archive un peu plus, qui nous a déçu, souvent, par la suite, virant vers une pop un peu aseptisée et déja vue. Dommage.
Car Londinium est un disque monstrueux. Trip hop mélancolique porté par des mélopées vocales cristalines ou assassines, la musique d'Archive est une porte ouverte sur un univers sombre et désenchanté. La lumière pourtant, n'est jamais très loin, pour notre plus grand plaisir auditif. Un délice. Et plus encore.
Note: 9/10
Island, 1996
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19/01/2006
Clap Your Hands Say Yeah "Clap Your Hands Say Yeah"

Originaires de Brooklyn, les cinq membres de Clap n'ont bénéficié d'aucune publicité et ont même produit eux mêmes cet album. L'impact n'en est que plus grand. D'entrée, on est délicieusement surpris par le sens rythmique, les variations instrumentales et l'évidence mélodique de tout ça. Ca entre dans la tête pour ne plus en sortir, pour le plus grand bonheur des oreilles et du cerveau ("Let the cool goddess rust away" ou "The Skin of My Yellow Country Teeth"). Par certains aspects, le groupe pourrait faire penser à du Arcade Fire (en version plus joyeuse) ou du Neutral Milk Hotel (pour le chant surtout). On en redemande !
http://www.clapyourhandssayyeah.com
Note: 8.1
Autoproduit, 2005
21:35 Publié dans Disques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18/01/2006
Animal Collective "Feels"

Animal Collective est donc une bande de jeunes cons qui transforment tout ce qu'ils touchent en or. Leurs albums ne se ressemblent pas nécessairement. Le maître mot est ici liberté, suivi d'expérimentation totale.
Feels est le dernier né de ces joyeux trublions. Une transe profonde où passages furieux et océans de calme cohabitent en parfaite harmonie. Mention spéciale à "Banshee Beat" et "Grass", véritables morceaux d'anthologie.
Note: 8/10
Fat Cat, 2005
22:40 Publié dans Disques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Four Tet "Everything Ecstatic"

C'est au tour de Four Tet de se trouver momentanément au centre de mes préoccupations, avec un album (son troisième après les magnifiques "Pause" et "Rounds") paru en 2005 et jolimment appelé "Everything Ecstatic". Kieran Hebden de son vrai nom est anglais et seul aux commandes de Four Tet.
Nous sommes ici dans l'electro pure et dure, dans l'acception la plus belle du terme. Four Tet fait de la musique intelligente. Les machines sont mises ici au service de mélodies envoutantes, variées, et d'une sensiblité rare. L'atmosphère très planante rappelle même parfois le meilleur Tortoise. "Everything Ecstatic" est une véritable démonstration de ce qu'un artiste peut faire quand il utilise son génie pour donner du coeur à la machine (ce qui me change avec jubilation de la boum boum techno insupportable de mon voisin de palier). J'avoue une affection toute particulière pour "You Were There With Me", qui cloture l'album en apesanteur.
Note: 7/10
Domino, 2005
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16/01/2006
New Pornographers "Twin Cinema"

"Twin Cinema", en plus d'avoir une pochette pleine de classe, est un album de pop décomplexée. Décomplexée, la musique des NP l'est assurément. Leur pop est à la fois classique et inqualifiable. La batterie fait des merveilles, ça part dans tous les sens, et les voix collent parfaitement à l'ensemble. De la pop, donc, mais de la pop à la Verve ou Oasis. De la bonne pop déstructurée et saignante qui retourne les oreilles (cf "Twin Cinema" ou "Use It"). Diablement efficace...
Note: 8/10
Matador, 2005
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10/01/2006
M.I.A. "Arular"

Note: 7/10
Naïve, 2005
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09/01/2006
Architecture in Helsinki "In Case We Die"

La bonne nouvelle de la fin d'année 2005: la pop est (re)née. Grâce à Architecture in Helsinki et ses chansons fourre-tout, déstructurées, emballantes et lumineuses.
Ils sont sept (dont trois filles quand même), mais plus de quarante personnes auraient participé à l'album.
Architecture in Helsinki est donc un improbable groupe...australien, chargé de sauver la pop, donc, mais aussi et surtout notre hiver.
In Case We Die ? Je veux bien, mais avec ça aux funérailles, alors...
Note: 8/10
V2, 2005
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05/01/2006
Emiliana Torrini "Love in the Time of Science"

Il y a deux lieux à connaître en ce moment pour ce qui touche à la géographie musicale: Montréal, of course, et...l'Islande. Ce petit bout de pays ne cesse de m'étonner par sa richesse culturelle.
Non content de nous avoir offert déjà les Björk, Gus Gus, Stafraenn Hakon, Mum et autres Sigur Ros (j'en passe, je vous laisse compléter...), l'Islande peut s'enorgueillir de compter aussi parmi ses citoyens la délicieuse Emiliana Torrini. Cette dernière a sorti en 2005 son deuxième album, "Fisherman's Woman", dans la droite lignée de "Love in the Time of Science", petit diamant electropop qui fait l'objet de la présente chronique.
Le disque est sorti en 1999, révélant au monde la candeur et la douceur de la voix d'Emiliana. Trip hop et electro fusionnent ici pour donner naissance à un disque voluptueux, qui n'est pas sans rappeler la Björk des débuts (comparaison facile, j'avoue...), un brin de sauvagerie en moins, un brin de poésie en plus.
Les arrangements sont superbes, la basse très présente, et la voix, cette voix... envoûtante. J'adore. Comme en plus la belle a confirmé depuis, elle a trouvé toute sa place dans ma discothèque, quelque part entre Fiona Apple et Beth Gibbons...
http://www.emilianatorrini.com/
Note: 8/10
Virgin, 1999
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27/12/2005
Wolf Parade "Apologies to the Queen Mary"

Wolf Parade, c'est de l'indie rock inspiré et délicieusement construit, qui se déguste et s'apprivoise avec les écoutes. Malgré une deuxième moitié d'album un ton en dessous, on retiendra quelques titres exceptionnels comme "You're a runner and I am my father's son", "Modern World" ou "Same Ghost Every Night".
Note: 7/10
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Sufjan Stevens "Illinoise"

L'homme s'est lancé un défi immense. Il a prévu, par tous les moyens possibles (de la simple K7 au disque en passant par le single) d'enregistrer quelque chose sur chaque état des Etats-Unis. Après le Michigan (superbe disque paru en 2004), c'est à l'Illinois qu'échoit l'honneur d'être mis en musique par Sufjan.
La volupté qui se dégage de cet album est incroyable. Les arrangements sont somptueux et la voix, toute en retenue, superbe. Une réussite totale, majestueuse, qui a valu à son auteur les louanges d'une critique internationale unanime. Album de l'année pour Pitchfork (le site de référence pour tout fan de musique un peu indé qui se respecte), deuxième place pour les Inrocks.
Un grand coup de chapeau en attendant la suite.
Note: 9/10
Asthmatic Kitty, 2005
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08/12/2005
Alpha "Come From Heaven"

Jamais disque n'a porté si bien son nom. A l'époque (1997), Martin et Wendy étaient inconnus. Repérés par Massive Attack, qui joue à l'époque les défricheurs de nouveaux talents, ils sont rapidement signés sur le label du groupe, Melankolic. Une excellente idée si l'on en juge par la qualité de cet album, Come from Heaven, premier album d'Alpha.
Dès la première écoute, c'est la claque. Du trip hop posé, charmeur, tout en douceur et apesanteur, porté par deux voix splendides qui savent réveiller la corde sensible en chacun de nous... Tout, des arrangements au chant en passant par les textes, ce don si particulier pour poser des atmosphères intemporelles et intimistes, tout, ici, est touché par la grâce.
Le genre de disque dont on ne se lasse jamais, celui qu'on écoute à l'inifini et qu'après, on écoute encore.
Alpha, par la suite, et malgré de très beaux albums (on pense à Stargazing, leur dernier opus en date), ne fera jamais mieux. Mais personne, depuis, n'a jamais fait mieux non plus.
Note: 10/10
Melankolic, 1997
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17/11/2005
Coco Rosie "The Noah's Ark"

Deuxième album des soeurs Casady après le sublime "La Maison de mon rêve", paru en 2004. On retrouve ici l'univer intimiste, minimaliste et touchant qui nous avait séduit sur le premier opus. L'on y ajoute des guests très en vogue, comme Devendra Banhart (normal, il sort avec Bianca) ou Antony, d'Antony and the Johnsons, et l'on comprend pourquoi il est si facile de tomber sous le charme de cet album.
On regrettera seulement que les frangines ne soient pas allées plus loin, restant dans des contrées qu'elles avaient déjà explorées. Si vous aviez aimé la maison, vous adorerez l'arche, sinon...
Note: 7/10
Touch&Go, 2005
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Modest Mouse "Good News For People Who Love Bad News"

Plus pop que "The Moon & Antarctica" (dont vous pouvez lire la chronique sur ce blog), "Good News..." est l'un de ces disques qui aident à se lever le matin. Du rock travaillé, déjanté, qui vous prend aux tripes pour ne plus vous lacher (ca va faire un an que je l'écoute en boucle) et donne envie de sauter un peu partout.
Mentions spéciales à "Float On", tube en puissance, ou "Bury Me With It", pour la pêche qu'il donne à nos soirées. A découvrir absolumment...
Note: 8/10
Epic, 2004
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10/11/2005
Lali Puna "Tridecoder"

Lali Puna, c'est aussi l'un des groupes préférés de Radiohead (au même titre que Sigur Ros, c'est dire si Tom Yorke et ses acolytes ont du goût). Une raison de plus d'écouter cet album (et notamment ce premier album) dont on tombe amoureux si facilement.
Note: 8/10
Morr Music, 1999
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08/11/2005
The Album Leaf "In a Safe Place"

The Album Leaf est le nouveau combo de Jimmy LaValle, un ancien de Locust, accompagné sur cet album par des membres de Sigur Ros et Mum.
Le moins que l'on puisse dire est que cela s'entend. Ambiance electro-calme, atmosphérique, légèrement teintée de pop, ce disque est une véritable invitation à la relaxation.In a Safe Place, encore un album qui porte bien son nom.
Note: 7/10
City Slang, 2005
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04/11/2005
Modest Mouse "The Moon & Antarctica"

"The Moon & Antarctica", l'album qui nous occupe ici, est beaucoup moins facile d'accès que "Good News...", son successeur, parce que beaucoup plus sombre, mais aussi plus riche, dans les textures, et plus profond, notamment au niveau du songwriting d'Isaac Brock (accessoirement guitariste et chanteur), qui nous offre ici ses plus profondes considérations quant à la vie, la mort, et ce qui s'ensuit. Le tout forme un ensemble captivant, cohérent, peuplé de petites bombes qui prennent aux tripes, à l'instar de "Gravity Rides Everything", "Alone Down There" ou "Dark Center of The Universe".
Un must have pour tout amateur de rock indé qui se respecte.
Note: 9/10
Epic, 2000
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Joanna Newsom "The Milk Eyed Mender"

Harpes, pianos, voix enfantine... L'ensemble réchauffe le coeur et les oreilles, à l'image de "Peach, Plum, Pear" ou "Swansea". A déguster cet automne avec un bon chocolat chaud.
Note: 8/10
Drag City, 2004
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