03/05/2006
My Sonic love
Un billet en forme d'hommage à un groupe majeur, qui a énormement compté dans la construction de ma culture musicale. J'esquissais chez Sean dimanche un début d'histoire, que je me fais une joie de continuer ici. Le groupe en question n'est autre que Sonic Youth, quatuor new yorkais fondé en 1981, qui aura marqué trois décennies d'histoire du rock.
Le moins que l'on puisse écrire, eu égard à leur somptueuse carrière et leur formidable activité, est que Sonic a érigé en art la destructuration, la réecriture et l'experimentation pop.
Passé des début teintés de punk qui ont le mérite de mettre à jour un goût pour le larsen évident ("Confusion is Sex", en 1983, "Bad Moon Rising", en 1985 et "Evol", en 1986), Sonic évolue vers des sphères plus fréquentables dès 1987 et la sortie de "Sister", album qui marque un premier tournant dans leur discographie. Alors que la vague grunge fait rage, Sonic impose sur cet album une patte particulière. Evidence mélodique, sens du rythme, et ces plages sonores hantées, déjà, qui vont faire le charme du groupe pendant des années.
Cette formule gagnante, Sonic l'expérimentera sur une petite dizaine d'années, le temps de donner naissance à ce qui constitue le coeur fondamental de leur oeuvre, des albums imparables, intemporels, éventreurs de pop et créateurs de rock, portés par les voix de Thurston Moore (pour le côté posé) et le chant sublimement éraillé de Kim Gordon (par ailleurs mariés dans la vie). Une succession de chefs d'oeuvre acclamés par la critique et chéris par les fans. De "Daydream Nation" (1988) et ses mythes que sont "Teenage Riot", "Silver Rocket" ou "Kissability", en passant par "Goo" (1990) et son single atomique "Dirty Boots", "Dirty" (1992), album peut être le plus accessible du groupe sur la période, révélant les perles hallucinées que sont "Theresa's Soundworld", "On the Strip", "JC" et j'en passe...
"Experimental Jet Set, Trash and No Star" (1995), l'album le plus sombre du groupe (la tristesse envoutante de "Winner's blues" ou "Sweet Shine", le déluge pyromane de "Tokyo Eye", ou l'inusable "Bull in the Heather"), viendra clore cette période dorée où Sonic réecrit tout simplement sa propre version de l'histoire du rock, à coups de guitares rageuses et brulantes, bruitistes mais pas bruyantes.
"Washing Machine" est d'une veine différente. Sorti peu de temps après, il marquera un deuxième tournant dans l'épopée de Thurston Moore, Kim Gordon, Lee Ranaldo et Steve Shelley. Privilégiant l'ambiance, la musicalité, aux expérimentations sonores, Sonic Youth semble trouver un semblant de sérénité, particulièrement visible sur le sublime "Diamond Sea", dernier morceau de l'album, qui augure des disques à venir.
Ainsi "A Thousand Leaves", sorti en 1998, achève de convaincre que les new yorkais ont changé de voie. Alors que le disque semble de prime abord un peu en deça de la production sonicienne habituelle, les années, comme pour un bon vin, en révèlent peu à peu les subtilités et lui confèrent, un morceau comme "Sunday" constituant en ce sens un parfait exemple, une place à part dans la discographie du groupe.
A cette époque, les membres du groupe multiplient les projets expérimentaux et les collaborations. C'est ainsi qu'ils rencontrent Jim O'Rourke (auteur par ailleurs de superbes albums en solo, notamment "Eureka"), figure de proue du mouvement post rock, qui les rejoindra le temps de deux albums.
Suivront "NYC Ghosts and Flowers" (2000), seul album véritablement décevant du combo et "Murray Field" (2002). Plus calme, la production de Sonic Youth perd un peu en urgence ce qu'elle semble gagner en accessibilité.
On attendait alors plus grand chose de Sonic Youth, après une si riche carrière. Mais Sonic est ainsi fait qu'il ne meure jamais. En 2004, c'est avec "Sonic Nurse" que ces incroyables architectes musiciens, âgés de plus de quarante ans, se sont rappelés à notre bon souvenir. En renouant avec l'inspiration, en s'accomodant de l'époqur sans vendre leurs âmes.
Sonic était, est, et restera un groupe à part. Cultissime pour les fans, le Youth, à l'instar d'un Velvet Underground à son époque, aura engendré des vocations par centaines. Blonde Redhead, par exemple, parfait successeurs de leurs glorieux aînés.
Pour tout ça, pour l'energie qu'ils ont toujours mis sur scène (dernier exemple en date lors de la Route du Rock de St Malo, l'été dernier...à tel point que Metric, qui passait juste après, a passé dix minutes à chanter, avec le public "Thank You, Sonic Youth, Thank You, Sonic Youth...", en forme de vibrant hommage...), pour leur amour de la musique, pour nous, pour moi, pour tout ça, merci.
Note: non, non, pas de notes (même si j'avoue pour ma part une préférence pour "Sister", "Dirty").
09:25 Publié dans Disques | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Musique





Commentaires
non, connais pas... vraiment, je vois pas du tout ce que c'est... pffff
Ecrit par : smeagul | 03/05/2006
Je connais assez mal (voire très mal) ce groupe. J'ai souvent pensé qu'il était un peu trop "noisy" pour moi (je passe sûrement à côté de quelque chose) mais je me souviens des premiers films de Hal Hartley (qui vont d'ailleurs bientôt sortir en DVD youpi !) et de ces moments de grâce et d'énergie quand les acteurs dansaient sur "Kool thing"...
NdP: Kool hing est un morceau tiré de "Goo". Sonic mérite d'être reconnu, c'est clair. Ecoute Dirty, ca pourrait t'inspirer mplus que tu ne le penses... bizzzz
Ecrit par : Sean | 04/05/2006
C'est un peu affeuse cette chanson, surtout à la fin...Arrrrrrgh.........
NdP: Oups...désolé Expresso. Je vais essayer d'en mettre une autre cet après midi. Tu as écouté la chanson de Tim Buckley ? Elle devrait, je pense, te plaire un peu plus...
Ecrit par : Expresso... | 05/05/2006
Quel merveilleux hommage rendu à Sonic Youth...tous les autres musiciens aussi peuvent le rendre mais attention ils seront toujours là,il suffira de mettre leurs lasers dans une chaine hi-fi ou sur un I-pod...
Ecrit par : virgil | 10/05/2006
Je les ai entendus pour la première fois à l'occation d'un concert gratuit en plein air à Central Park au cours de l'été 2002.
Je ne les connaissais alors que de nom, mais j'ai beaucoup apprécié leur musique.
Ecrit par : Pulsar | 15/05/2006
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