27/03/2006
V pour Vendetta

Le moment est venu de parler de V pour Vendetta. Tout simplement parce que le film sort au cinéma dans les prochaines semaines, précédé d'une sulfureuse réputation.
A l'origine, V est une superbe bande dessinée, et c'est bien de cela que je viens vous parler, avant qu'un film peut être raté ne vienne saloper sa réputation.
V pour Vendetta, c'est l'histoire inoubliable, dans un futur proche ou lointain, d'une Angleterre tombée sous le joug du fascisme. Seul au sein d'une population soumise et disciplinée, V est un terroriste intelligent et inspiré (pour la petite histoire, son masque reprend les traits de Guy Fawkes, cet anglais qui tenta en 1605 de faire sauter le Parlement), bien décidé à tout tenter pour faire sauter le régime. Il s'attaque donc aux symboles du régime avec un sens de la mise en scène (et des discours) stupéfiant. Personnage charismatique et mystérieux, V est au centre de l'oeuvre. On ne sait rien de lui, et surtout pas qui il est, ou ce qu'il est. La vengeance, la quête de justice, sa volonté de conserver la culture sont ses mobiles, servis parfois par des moyens douteux. Et c'est bien tout ce qui fait l'intérêt de cette histoire. Alan Moore, scénariste de génie, a pris soin de ne pas tomber dans les caricatures. Ses personnages ont une vraie richesse psychologique. Ils ne sont ni noirs, ni blancs, mais faits de mille et unes nuances de gris. Les méchants font parfois pitié, et l'on trouve parfois V bien cruel ou inhumain. Les questions que l'on se pose sur son identité réelle, ses motivations, ses agissements, finissent, au fil des pages, par trouver des réponses.
Le scénario est d'une richesse incroyable, qui impose lectures et relectures. Alan Moore nous y dévoile son exceptionnel talent de conteur et de metteur en scène (il suffit de jeter un coup d'oeil à la façon dont sont structurées les pages, les vignettes, à tel point qu'on se demande comment un metteur en scène au cinéma pourrait tourner à partir de cette base sans dénaturer la profondeur de l'oeuvre, sauf à reprendre la mise en scène telle quelle...). Un talent qu'on a déjà aperçu dans les Watchmen, notamment, autre oeuvre mythique de cet artiste de génie. Pour ne rien gâcher, les dessins de Lloyd collent parfaitement à l'atmosphère des textes, très sombres.
400 pages (ça ne se lit pas en une demie heure comme un Tintin...) totalement immersives, dont on ressort bouleversé. V est un petit chef d'oeuvre.
A l'origine, V est une superbe bande dessinée, et c'est bien de cela que je viens vous parler, avant qu'un film peut être raté ne vienne saloper sa réputation.
V pour Vendetta, c'est l'histoire inoubliable, dans un futur proche ou lointain, d'une Angleterre tombée sous le joug du fascisme. Seul au sein d'une population soumise et disciplinée, V est un terroriste intelligent et inspiré (pour la petite histoire, son masque reprend les traits de Guy Fawkes, cet anglais qui tenta en 1605 de faire sauter le Parlement), bien décidé à tout tenter pour faire sauter le régime. Il s'attaque donc aux symboles du régime avec un sens de la mise en scène (et des discours) stupéfiant. Personnage charismatique et mystérieux, V est au centre de l'oeuvre. On ne sait rien de lui, et surtout pas qui il est, ou ce qu'il est. La vengeance, la quête de justice, sa volonté de conserver la culture sont ses mobiles, servis parfois par des moyens douteux. Et c'est bien tout ce qui fait l'intérêt de cette histoire. Alan Moore, scénariste de génie, a pris soin de ne pas tomber dans les caricatures. Ses personnages ont une vraie richesse psychologique. Ils ne sont ni noirs, ni blancs, mais faits de mille et unes nuances de gris. Les méchants font parfois pitié, et l'on trouve parfois V bien cruel ou inhumain. Les questions que l'on se pose sur son identité réelle, ses motivations, ses agissements, finissent, au fil des pages, par trouver des réponses.
Le scénario est d'une richesse incroyable, qui impose lectures et relectures. Alan Moore nous y dévoile son exceptionnel talent de conteur et de metteur en scène (il suffit de jeter un coup d'oeil à la façon dont sont structurées les pages, les vignettes, à tel point qu'on se demande comment un metteur en scène au cinéma pourrait tourner à partir de cette base sans dénaturer la profondeur de l'oeuvre, sauf à reprendre la mise en scène telle quelle...). Un talent qu'on a déjà aperçu dans les Watchmen, notamment, autre oeuvre mythique de cet artiste de génie. Pour ne rien gâcher, les dessins de Lloyd collent parfaitement à l'atmosphère des textes, très sombres.
400 pages (ça ne se lit pas en une demie heure comme un Tintin...) totalement immersives, dont on ressort bouleversé. V est un petit chef d'oeuvre.
Note: 9/10
Delcourt, 1999
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